Écrire à la vitesse de la parole - ESJQ - École de sténographie judiciaire du Québec

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Écrire à la vitesse de la parole

Un dactylographe professionnel tape en moyenne 70 mots par minute. Quant à lui, l’étudiant qui termine sa formation à l’École de sténographie judiciaire peut atteindre une vitesse trois fois plus élevée, ce qui lui permet de transcrire la parole en temps réel. Comment une telle prouesse est-elle possible?

Secret no 1 : la sténotype

Le premier secret des sténotypistes se trouve au bout de leurs doigts : la sténotype! Il s’agit d’une machine au fonctionnement bien singulier, munie d’un clavier de 23 touches. Plutôt que d’être pressées une à la fois, les touches de la sténotype sont pressées simultanément, comme un accord de piano. Sommairement, on pourrait dire que les mots entendus par le sténographe sont décomposés en syllabes. La main gauche tape la consonne initiale de la syllabe, les pouces tapent la voyelle et la main droite tape la consonne finale. Ainsi, dans un mot monosyllabique comme TASSE, la main gauche appuie sur T, les pouces s’occupent du A et la main droite presse le S. Chaque syllabe est ainsi reproduite en un clin d’oeil. Le défi est donc d’enchaîner ces milliers de combinaisons le plus fluidement possible.

Secret no 2 : le langage sténographique.

La deuxième arme secrète des sténotypistes est le langage sténographique. On pourrait dire que tous les mots entendus par le sténographe sont réinterprétés en codes avant d’être tapés. Plus un mot ou une expression est fréquente, plus son code devra être efficient. Par exemple, « il faut » est transcrit en une seule frappe par un code qui pourrait se prononcer « YOF ». À l’opposé, une suite de mots plus rares comme « il obtint » sera plutôt transcrite phonétiquement en plusieurs frappes : IL/OB/TIN.

Secret no 3 : le conditionnement

Une fois que l’étudiant a compris le fonctionnement de la sténotype et qu’il s’est approprié le langage sténographique, il reste l’étape du conditionnement moteur. Tel un musicien qui souhaite rejoindre les rangs d’un orchestre symphonique, la clé du succès réside dans la répétition, la répétition et… la répétition. C’est l’étape qui demande le plus de patience, d’optimisme et de persévérance.

C’est ainsi, à coup de millisecondes gagnées par ci et par là, que le sténotypiste optimise sa vitesse de frappe de manière à transcrire au rythme de la parole.